L’achillée millefeuille est une plante médicinale aux vertus multiples, reconnue depuis l’Antiquité pour ses propriétés hémostatiques et digestives.
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Botanique
Identité botanique de l’achillée millefeuille
L’achillée millefeuille, Achillea millefolium L., est une plante herbacée vivace de la famille des Astéracées, parmi les plus riches pharmacologiquement de toute la flore européenne. Son nom de genre rend hommage au héros grec Achille qui, selon la mythologie, l’aurait utilisée pour soigner les blessures de ses soldats sur le champ de bataille de Troie — usage qui lui a valu ses noms populaires d’« herbe aux charpentiers », « herbe aux coupures » ou Soldatenkraut en allemand. Par ailleurs, l’épithète millefolium (« mille feuilles ») décrit parfaitement ses feuilles finement pennatiséquées, découpées en une multitude de segments fins, lui donnant un aspect plumeux caractéristique.
Description morphologique
Plante vivace de 20 à 60 cm, à rhizome traçant permettant la formation de colonies denses. Ainsi, les tiges sont dressées, peu ramifiées, légèrement laineuses-cotonneuses. Les feuilles sont alternes, sessiles, finement découpées en segments nombreux (d’où millefeuille), vert foncé sur la face supérieure, légèrement laineuses sur la face inférieure ; elles dégagent une odeur aromatique caractéristique au froissement.
Les fleurs sont groupées en corymbes denses et plats au sommet des tiges, constituées de capitules composés : 5 fleurs ligulées blanches ou légèrement rosées en périphérie, et des fleurs tubulées jaune crème au centre. L’ensemble forme un plateau floral horizontal élégant, très attractif pour les insectes pollinisateurs.
Ethnobotanique
Histoire et traditions de l’achillée millefeuille
L’achillée millefeuille est l’une des plantes médicinales les plus anciennement documentées. Des restes fossilisés d’achillée ont été retrouvés dans des sites néandertaliens (grottes de Shanidar, Irak) datant de 60 000 ans, suggérant une utilisation médicinale préhistorique. Ainsi, cette découverte en fait potentiellement la plante médicinale la plus anciennement attestée dans l’histoire humaine.
Dans la mythologie grecque, Achille aurait reçu de son précepteur Chiron le centaure l’enseignement de ses vertus hémostatiques. En effet, utilisée pour soigner les plaies de guerre des soldats — d’où le nom latin herba militaris —, elle est mentionnée par Dioscoride (De Materia Medica, 1er siècle) pour arrêter les saignements, traiter les ulcères et soulager les douleurs abdominales.
Au Moyen Âge, Hildegarde de Bingen la prescrit pour les fièvres et les « maladies de l’estomac ». En médecine populaire européenne, on la retrouve dans toutes les traditions : tisane digestive et fébrifuge en France, remède des femmes (pour les troubles menstruels) en Europe centrale, plante de divination chez les druides celtes et dans la tradition du Yi-King chinois.
Selon L’Iliade d’Homère, Achille soigna les blessures de Télèphe avec une plante que Chiron lui avait enseignée à utiliser. Les botanistes de l’Antiquité identifièrent cette plante comme Achillea millefolium, lui donnant ainsi son nom de genre. Cette association mytho-botanique lui a forgé une réputation millénaire de plante hémostatique et cicatrisante qui résiste remarquablement bien à l’examen scientifique moderne.
Phytochimie
Composition chimique
L’achillée est remarquable par la richesse et la diversité de sa composition phytochimique, qui varie selon le chémotype (populations à azulène bleue ou non), l’habitat et la période de récolte.
Huile essentielle (0,2 à 0,8 %)
| Composé | Activités |
|---|---|
| Chamazulène (bleu intense, chémotype azulénique) | Anti-inflammatoire puissant, anti-allergique, spasmolytique |
| α-Bisabolol, β-Caryophyllène | Anti-inflammatoire, cicatrisant, antifongique |
| Camphre, 1,8-Cinéole (eucalyptol) | Expectorant, antiseptique, tonique digestif |
| Artémisicétone, Artabsine | Amer tonique, stimulant digestif |
| Linalool, Bornéol | Sédatif léger, spasmolytique |
Flavonoïdes
| Composés | Activités |
|---|---|
| Apigénine, lutéoline, artémétine | Anti-inflammatoire, spasmolytique, antioxydant, œstrogénique légère |
| Rutine, hypéroside, acacetin | Vasoprotecteur, antiœdémateux, antioxydant |
| Isorhamnétine | Antioxydant, cardioprotecteur |
Autres composés
| Classe | Composés | Activités |
|---|---|---|
| Lactones sesquiterpéniques | Achilline, achillicine, milefine, leucodine | Amer tonique, anti-tumoral (recherche), anti-parasitaire |
| Alcaloïdes | Achilleine, bétaïne, stachydrine | Hémostatique, coagulant, toni-cardiaque |
| Acides phénoliques | Acide chlorogénique, acide caféique, acide dicaffeoyl quinique | Antioxydant, cholagogue, hépatoprotecteur |
| Tanins | Tanins condensés et hydrolysables | Astringent, hémostatique, anti-diarrhéique |
| Polysaccharides | Glucanes, arabinogalactanes | Immunomodulateur, cicatrisant |
Le chamazulène est un composé azulénoïde de couleur bleu intense formé lors de la distillation à la vapeur des parties aériennes fleuries. Il n’existe pas à l’état libre dans la plante fraîche mais se forme par transformation thermique de la guaïazulène carboxylate. L’huile essentielle d’achillée contenant du chamazulène est d’un bleu profond caractéristique et présente les propriétés anti-inflammatoires les plus marquées.
Pharmacologie
Propriétés thérapeutiques de l’achillée millefeuille
Clinique
Indications thérapeutiques
Troubles digestifs fonctionnels
L’achillée est particulièrement indiquée dans les troubles fonctionnels digestifs : dyspepsie (digestion lente et difficile), flatulences, crampes intestinales, spasmes du côlon. Son double mécanisme — amer tonique stimulant la bile et les sucs digestifs + spasmolytique relaxant les spasmes — en fait une plante idéale pour les troubles digestifs d’origine fonctionnelle.
De plus, elle est également recommandée dans les gastrites légères, les nausées, les coliques hépatiques douces et l’insuffisance biliaire fonctionnelle.
Troubles gynécologiques
Dysménorrhée : L’action spasmolytique sur les muscles lisses utérins soulage les crampes menstruelles. En effet, l’apigénine joue un rôle clé dans cet effet.
Règles irrégulières : Traditionnellement classifiée comme emménagogue, l’achillée aide à régulariser les cycles, notamment dans les cas d’aménorrhée de stress ou d’hypothyroïdie légère. Elle peut être associée à l’alchémille et au gattilier dans les formules gynécologiques.
Préménopause : Les flavonoïdes à activité oestrogénique légère (apigénine, formononétine) peuvent atténuer certains symptômes climactériques légers.
Plaies, ecchymoses et hémorragies légères
En usage externe, l’achillée frais ou en décoction concentrée est une référence pour arrêter les petits saignements (coupures, épistaxis, hémorroïdes superficielles). Ainsi, elle peut être appliquée directement sur une plaie propre ou utilisée en compresses imbibées de décoction.
États fébriles et refroidissements
Associée à la sureau, la menthe et/ou le tilleul, l’achillée forme la « tisane sudorifique » classique de la médecine populaire européenne. Ainsi, elle favorise la transpiration et aide l’organisme à traverser les états fébriles bénins.
L’EMA (HMPC) reconnaît Achillea millefolium pour : (1) l’usage traditionnel dans les troubles digestifs fonctionnels spasmodiques (dyspepsie, flatulences, crampes abdominales) ; (2) les petites blessures avec saignement et les ecchymoses (usage externe) ; (3) les dysménorrhées légères. La Commission E allemande reconnaît en outre son usage dans les affections cutanées et les bains de siège pour les affections gynécologiques.
Galénique
Formes et posologies
| Forme | Préparation | Posologie usuelle |
|---|---|---|
| Infusion (interne) | 1 à 2 c. à soupe de plante sèche (2-4 g) dans 200 ml d’eau frémissante (80-85°C), infuser 10 min, couvrir | 3 tasses par jour, 30 min avant les repas pour la digestion ; avant les règles pour la dysménorrhée |
| Décoction (externe) | 30 g de plante dans 500 ml d’eau, faire bouillir 5 min puis infuser 15 min | Compresses, bains de siège, lavages de plaies — 2-3 fois par jour |
| Extrait sec (gélules) | Extrait standardisé en flavonoïdes ou en azulène | 200-400 mg × 3/j, lors des repas |
| Teinture mère (TM) | Macération hydro-alcoolique à 45° (1:5) | 30-50 gouttes dans un verre d’eau, 3 fois par jour |
| Huile essentielle | HE d’achillée millefeuille (chémotype azulénique) | Usage externe : 2-3 gouttes dans HV ; usage interne : 1-2 gouttes dans miel, 2×/j (sous contrôle avisé) |
| Bain de plante | 250 g de plante sèche infusée 20 min dans 2 L d’eau chaude, filtrer et ajouter au bain | Bain gynécologique, antispasmodique ou relaxant — 15-20 min |
Pour préserver les composés volatils de l’huile essentielle (chamazulène, camphre, cinéole), couvrir impérativement le récipient pendant l’infusion. Une infusion ouverte perd une grande partie de ses composés actifs par évaporation. La décoction (ébullition) est réservée à l’usage externe, car elle dégrade davantage les principes actifs thermosensibles.
Sécurité d’emploi
Précautions et contre-indications
Allergie aux Astéracées : Risque de réaction croisée chez les personnes allergiques aux plantes de la même famille (camomille, arnica, chrysanthème, pissenlit, armoise). Effectuer un test cutané avant usage topique étendu.
Grossesse : Contre-indiquée aux doses médicinales en raison de l’action emménagogue et potentiellement utérotonique. Aux doses alimentaires habituelles (condiment), elle est généralement tolérée mais la prudence s’impose.
Anticoagulants : L’effet coagulant de l’achilline peut théoriquement interférer avec les traitements anticoagulants. Signaler à votre médecin en cas de traitement par AVK.
Photosensibilisation : Peut provoquer une dermatite photo-allergique de contact chez les personnes sensibles, notamment lors d’application cutanée suivie d’exposition solaire.
Contre-indications absolues
Allergie connue aux Astéracées / Composées : contre-indication formelle — réaction anaphylactique possible.
Grossesse : aux doses thérapeutiques, en raison de l’activité emménagogue et des lactones sesquiterpéniques potentiellement tératogènes en théorie.
Occlusion des voies biliaires et cholécystite aiguë : La stimulation biliaire (cholagogue) est contre-indiquée en cas d’obstruction des voies biliaires.
Durée de traitement
Il est recommandé de ne pas dépasser des cures continues de 4 à 6 semaines. En cas d’utilisation prolongée, des bilans hépatiques périodiques sont conseillés, bien que la toxicité hépatique soit exceptionnelle aux doses thérapeutiques standards.
Recherche scientifique
Données cliniques et études
Anti-inflammatoire et antispasmodique
Plusieurs travaux in vitro et sur modèles animaux confirment l’inhibition des voies inflammatoires COX et LOX par les extraits d’achillée. Benedek et al. (2007, Phytomedicine) ont démontré que les flavonoïdes lipophiles (artémétine, casticine) inhibent la synthèse de PGE2 et de leucotriènes B4 avec une puissance comparable à certains AINS. Par ailleurs, l’apigénine montre une activité spasmolytique sur les fibres musculaires lisses in vitro à des concentrations cliniquement pertinentes.
Dysménorrhée
Un essai clinique randomisé iranien (Modaress Nejad & Asadipour, 2006) a comparé l’extrait d’achillée à un placebo chez 120 jeunes femmes souffrant de dysménorrhée primaire. Le groupe verum a montré une réduction significative de la douleur et de la durée des crampes (p < 0,001). De plus, une étude turque (2013) confirme ces résultats avec une diminution du score VAS de douleur de 41 % vs 18 % pour le placebo.
Troubles digestifs
Des études phytochimiques ont confirmé l’activité cholérétique des acides phénoliques d’achillée et l’effet spasmolytique des flavonoïdes sur les fibres musculaires lisses intestinales. Par ailleurs, l’activité anti-Helicobacter pylori de l’extrait aqueux a également été documentée in vitro, ouvrant des perspectives dans la gastrite à HP.
Activité antimicrobienne
L’huile essentielle d’achillée (particulièrement les chémotypes riches en 1,8-cinéole) présente une activité antibactérienne contre Staphylococcus aureus, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa et plusieurs souches de Candida (Candan et al., 2003 ; Stojanovic et al., 2005).
Hémostatique
L’alcaloïde achilline a été identifié comme responsable de l’effet hémostatique. Bien que les études cliniques contrôlées soient limitées pour cet usage (difficile à conduire en double aveugle), l’efficacité dans les petits saignements est solidement documentée dans les monographies pharmacopoéiques et confirmée par l’expérience traditionnelle multiséculaire.
Achillea millefolium herba est inscrite à la Pharmacopée Européenne (Ph. Eur., monographie 1388). L’ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytotherapy) a établi une monographie complète pour les parties aériennes. L’EMA/HMPC reconnaît l’usage bien établi (well-established use) pour la dyspepsie et l’usage traditionnel pour les blessures légères et la dysménorrhée. La Commission E allemande reconnaît son usage officiel depuis 1990.
Usage alimentaire
L’achillée dans la cuisine
L’achillée millefeuille est l’une des plantes sauvages aromatiques les plus intéressantes en cuisine. Son profil aromatique complexe — légèrement amer, herbacé, camphré, avec des notes florales — en fait un condiment original capable de remplacer ou compléter d’autres herbes aromatiques.
Utilisations culinaires
Salades sauvages : Les jeunes feuilles printanières finement hachées s’ajoutent aux salades de mesclun, apportant une légère amertume et un arôme herbacé distinctif. À doser avec parcimonie pour ne pas envahir les autres saveurs.
Condiment pour viandes : Les feuilles hachées accompagnent les viandes grasses (porc, agneau, canard) dont elles facilitent la digestion grâce à leur action cholérétique et digestive. Ainsi, elles s’utilisent comme les herbes de Provence dans les marinades et rôtis.
Soupes et bouillons : Une branche d’achillée ajoutée en fin de cuisson parfume subtilement les bouillons de légumes ou de poule. Retirer avant de servir.
Bière aromatique : Avant la généralisation du houblon au Moyen Âge, l’achillée était l’un des principaux aromatisants de la bière (avec l’armoise et le myrtil des marais). Certains brasseurs artisanaux la réutilisent aujourd’hui dans des ales et bières blanches herbes des prés.
Vinaigre aromatisé : Faire macérer des sommités fleuries fraîches dans du vinaigre de cidre pendant 4 semaines. Ce vinaigre d’achillée est excellent en vinaigrette et aide à la digestion.
La meilleure période pour la cueillette culinaire ou médicinale est juin-septembre, par temps sec, en coupant les 10-15 cm terminaux avec les fleurs épanouies. Choisir des zones propres, loin des routes et des champs traités. L’achillée se sèche facilement en bouquets suspendus dans un endroit aéré et ombragé (2-3 semaines). Elle conserve son arôme plusieurs mois dans un bocal hermétique.
Statut légal
Réglementation en France et en Europe
Achillea millefolium est inscrite à la Pharmacopée Française (11ème édition) et à la Pharmacopée Européenne (monographie 1388). Elle figure sur la liste des plantes médicinales dont la vente au détail est réservée aux pharmaciens selon le décret de 1979, mais elle est commercialisable en herboristerie pour la tisane.
En France, l’achillée fait partie de la liste A des plantes médicinales (tisanes autorisées en pharmacie sans ordonnance). Par ailleurs, les compléments alimentaires à base d’achillée sont librement commercialisables sous réserve de respecter les allégations santé autorisées par le règlement européen 1924/2006.
L’huile essentielle d’achillée millefeuille est commercialisée en France pour un usage aromatique et médicinal. Son usage interne doit rester sous contrôle d’un professionnel de santé qualifié (aromathérapeute, médecin ou pharmacien) en raison de la présence de cétones (camphre) et de thujone selon les chémotypes.
Synthèse
Conclusion sur l’achillée millefeuille
Achillea millefolium mérite pleinement sa place dans le panthéon des grandes plantes médicinales européennes. Portant le nom du héros grec dont elle soignait les guerriers depuis 3 000 ans et trouvée dans des sites néandertaliens vieux de 60 000 ans, elle incarne la continuité la plus longue entre les savoirs ancestraux et la science moderne.
En effet, sa polyvalence thérapeutique est remarquable : hémostatique, anti-inflammatoire, spasmolytique, digestive, gynécologique, fébrifuge, cicatrisante — une seule plante pour des applications aussi variées, validées par des décennies de recherche phytochimique et de quelques essais cliniques de qualité croissante.
Plante de la prairie et du bord des chemins, facilement reconnaissable et abondante, l’achillée est à la portée de tous. Son usage en tisane digestive après les repas lourds, ou en compresses sur une plaie bénigne, reste l’une des applications les plus accessibles et les plus efficaces de la phytothérapie.
Usage interne : Troubles digestifs fonctionnels (dyspepsie, flatulences, crampes), dysménorrhée, états fébriles, régulation du cycle menstruel.
Usage externe : Plaies et coupures légères (hémostatique et cicatrisant), compresses anti-inflammatoires, bains de siège gynécologiques.
Molécules clés : Chamazulène (anti-inflammatoire), apigénine (spasmolytique/emménagogue), achilline (hémostatique), terpènes (antiseptiques).
Précautions essentielles : Allergie aux Astéracées (risque majeur), contre-indiquée en grossesse aux doses médicinales, photosensibilisation possible.
Bibliographie sélective
- Benedek B. et al. (2007). Yarrow (Achillea millefolium L.) and its anti-inflammatory activity. Phytomedicine, 14(7-8), 534-541.
- Candan F. et al. (2003). Antioxidant and antimicrobial activity of the essential oil and methanol extracts of Achillea millefolium. Journal of Ethnopharmacology, 87(2-3), 215-220.
- Modaress Nejad V. & Asadipour M. (2006). Comparison of the effectiveness of fennel and mefenamic acid on pain intensity in dysmenorrhoea. Eastern Mediterranean Health Journal, 12(3-4), 423-427.
- Saeidnia S. et al. (2011). Pharmacology and phytochemistry of the genus Achillea. Daru, 19(3), 173-186.
- EMA/HMPC (2012). Assessment report on Achillea millefolium L., herba. EMA/HMPC/290309/2009.
- ESCOP (2003). ESCOP Monographs: Millefolii herba. 2nd ed., Stuttgart.
- Bruneton J. (2016). Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes médicinales. 5ème éd. Lavoisier, Paris.



